Mettre en œuvre l’inspiration et la créativité nées hors de notre bureau d’étude est une facette de notre métier dont on parle peu et qui pourtant est clé. Il faut faire corps avec l’intention du créateur, et l’adapter aux contraintes de l’éphémère, sans la dénaturer.

Ce « savoir d’adaptation », c’est notre valeur ajoutée. On ne nous choisit pas simplement pour exécuter, on nous choisit pour « exprimer ». C’est la raison pour laquelle les collaborations comptent autant que les projets.

Pour illustrer cet état d’esprit, flash-back sur deux collaborations qui ont marqué le mois de septembre :

 

Jean-Charles de Castelbajac & La Biennale Paris

C’était la première fois que nous travaillions avec Jean-Charles de Castelbajac. Il avait été invité par le Syndicat National des Antiquaires à concevoir la scénographie du cœur de la nef et de l’exposition d’une collection privée : « L’Empereur sous la verrière ».

Il s’est placé en rupture des codes scénographiques habituels de la Biennale Paris car son propos n’était pas décoratif, il était artistique. 

Jean-Charles de Castelbajac s’est imaginé convoqué par Napoléon qui lui aurait dit : « Castelbajac, pourriez-vous créer une installation autour de l’histoire de ma maison, un « flagship » et un nouveau logo pour inscrire les Trésors de l’Empire dans la modernité ? Vous avez carte blanche. »

Nous avons donc réalisé « Le Carrousel Céleste » qu’il a imaginé pour habiller le cœur de la nef, ainsi que le « flag-ship » qui abritait des pièces de la collection de Pierre-Jean Chalençon, consacrée à Napoléon.

Le « Carrousel Céleste » matérialisait « un lieu de force et de mémoire » du premier cercle de l’Empereur, sur des voiles multicolores. Il surplombait un « pop-up store » de miroirs, écrin pour quelques trésors de la collection de Pierre-Jean Chalençon. 

 

Homo Faber, à Venise

« Homo Faber » est la première exposition de grande envergure consacrée à l’artisanat européen. Cet événement est organisé par la Michelangelo Foundation, fondée par Franco Cologni et Johann Rupert, dont la mission est de promouvoir, préserver et perpétuer l’artisanat au plus haut niveau, en le rapprochant du design.

Cette première exposition s’est déroulée à Venise, au 14 au 30 septembre, sur le site de la Fondazione Giorgio Cini située sur l’Île de San Giorgio Maggiore. Elle a proposé une aventure immersive dans l’univers de l’artisanat  à travers des œuvres exceptionnelles, des installations inédites et des créations en « live ».

Sous la direction d’Alberto Cavalli, directeur exécutif de la Michelangelo Foundation, artistes, designers, architectes et conservateurs ont imaginé 16 espaces d’exposition différents.

Notre collaboration a spécifiquement porté sur la signalétique et les aires de repos. Ces éléments d' »arrière-plan » sans lesquels l’événement n’aurait pas la fluidité nécessaire pour le public. Notre nous sommes donc appliqués à faire le lien entre les différents pavillons afin d’accompagner la Michelangelo Foundation dans l’ultime étape de son organisation : l’accueil des visiteurs.

Quelques chiffres témoignent du succès de cet événement :
62 500 visiteurs
410 artisans et designers
900 œuvres
91 démonstrations « live »

 

 

Dans  une agence comme la nôtre, il est donc aussi passionnant de collaborer à un projet que d’en être à la fois l’auteur et le maître d’œuvre. Il n’est pas moins stimulant de porter la réalisation d’un projet dont le volet créatif s’est élaboré hors de nos murs.

C’est presque une responsabilité plus grande vis-à-vis de nos clients. Et c’est assurément d’une grande richesse d’inspiration.

Patrick Bazanan, Directeur Général d Decoral
Patrick Bazanan
Directeur Général

Concevoir un stand commence par savoir poser les bonnes question à ses clients. Valery Sanglier, chef de projet chez DECORAL, nous explique pourquoi.

Menuisier de formation, il était attiré par la publicité et passionné par l’architecture.
L’univers du stand a fait cette synthèse : valoriser sa formation technique, s’ouvrir à l’architecture d’intérieur et se placer dans une démarche de communication.

Valery Sanglier

Une formation solide et une promotion interne réussie

Fraichement diplômé, dans les années 90, Valery a intégré la plus importante agence de design de stands de l’époque : Structures internationales en tant que maquettiste volume.

« C’est une époque où tout se faisait à la main et où les images de synthèse n’existaient pas. J’ai pu évoluer dans un bureau d’études extrêmement créatif pendant trois ans »

Après cette expérience, il se forme à l’informatique et intègre DECORAL en tant que maquettiste. En parallèle, il suit des cours du soir à l’école Boulle, en architecture d’intérieur. Il y apprend les perspectives, les proportions, les choix esthétiques, le mobilier…

Les première images de synthèse apparaissent et il devient rapidement concepteur.
Valery produit alors les images de synthèse pour les autres concepteurs de l’équipe, le temps qu’eux-mêmes ne se forment à cette technique.

Quand Patrick Bazanan prend la direction de DECORAL, il lui propose d’aller sur le terrain et de maîtriser des projets de A à Z.

En 2007, Valery prend les rênes de son premier salon : Le Salon du Collectionneur, au Grand Palais. Ensuite, il participe à la Biennale des Antiquaires, puis au Salon du Dessin.

Biennale des Antiquaires 2008
Biennale des Antiquaires 2008 / Photo : DECORAL
Biennale des Antiquaires 2014
Biennale des Antiquaires 2014 / Photo : DECORAL

 

« Que voulez-vous dire?
Que voulez-vous montrer ? »

Au tournant de l’année 2010, il prend en charge les premiers stands du Crédit Agricole et d’Epson France, clients dont il s’occupe toujours aujourd’hui, au fil d’un calendrier de salons très dense, touchant des publics différents et présentant des produits et services très spécifiques.

Le travail de conception se fait donc très concrètement dans une démarche de communication, et il en va de même pour les autres univers, comme celui de l’art :

« La première question que je pose à mes clients est : Que voulez-vous dire ? Que voulez-vous montrer ?
Leur réponse est déterminante pour les choix de conception. Par exemple, le design des stands de la Galerie Kevorkian à la Biennale Paris est fait en fonction de ses trois pièces phare. En finalité, peu importe le matériau utilisé tant qu’une bonne idée fonctionne pour mettre en avant le produit. »

Valery Sanglier applique ainsi à tous les stands la première règle d’architecture intérieure et de design d’objet : « C’est la fonction qui fait la forme, ce n’est pas l’inverse ».

Stand du Crédit Agricole au SIMI 2017 - Photo Decoral
Stand du Crédit Agricole au SIMI 2017 – Photo Decoral
Stand du Crédit Agricole au salon des Collectivités et des Maires de France, 2017 - Photo Decoral
Stand du Crédit Agricole au Salon des Collectivités et des Maires de France, 2017 – Photo Decoral

De l’exposition muséale au stand « produits » : une approche identique

Au fil du développement de DECORAL, Valery Sanglier a appliqué son expérience à la muséographie. Son premier projet de cet ordre remonte à l’année 2012 : « Delacroix et l’aube de l’Orientalisme » au Domaine de Chantilly.

Autre univers, autres contraintes : les règles de conservation des œuvres et la prise en compte des flux du public demandent de s’adapter à un nouvel objectif :

« On ne vend plus un produit, on accompagne un visiteur. On doit créer de la découverte et entrer intimement dans une œuvre pour lui donner l’attention qu’elle mérite. Ce fut un travail passionnant, notamment avec Patrick Hourcade au Château de Versailles. Ce fut aussi une source d’enrichissement personnel de côtoyer des conservateurs. C’est l’excellence qui parle… ce travail en étroite collaboration avec la conservation a quelque chose de magique.

« Qu’est-ce que l’on veut dire autour d’une œuvre d’art » ? C’est la question centrale du travail de conception pour une exposition muséale. Pour l’exposition « 18e aux sources du design, chefs d’œuvres du mobilier 1650 à 1790 » au Château de Versailles, il fallait rendre didactique la lecture d’un mobilier. Cette exposition ayant reçu Le Prix Historia de l’exposition 2015, considérons que l’objectif a été atteint !

« L’idée était qu’un enfant de dix ans puisse comprendre ce qu’est le style d’un mobilier. Le visiteur doit ressortir enrichi, nourri, en particulier le non-érudit »

Pour réaliser un stand du Crédit Agricole ou d’Epson France, Valery Sanglier suit exactement la même démarche. Que la marque soit bien visible est essentiel, mais avoir une architecture en accord avec le discours de la marque est indispensable.

Le concept « boutique » dans un décor d’épicerie fine, mis en place pour le Crédit Agricole,  illustrait particulièrement bien cette idée, lors de Paris Retail Week : un événement destiné aux professionnels du retail et du e-commerce lors duquel le Crédit Agricole proposait des solutions d’encaissement innovantes.

DECORAL stand pour le Crédit Agricole au Paris retail Week 3
Stand du Crédit Agricole à Paris Retail Week, septembre 2017 / Photo : Decoral

Pour un client comme Epson France, c’est l’applicatif qui dicte les choix : on ne montre pas uniquement des machines mais ce qu’elles sont capables de réaliser. C’est cela qui captera l’attention du visiteur en un coup d’œil. Le stand doit alors mettre en évidence des exemples concrets d’impressions sur tous les types de supports.

Stand Epson au Salon de la Photo - Novembre 2017 - Photo : Decoral

Stand Epson au Salon de la Photo - Novembre 2017 - Photo : Decoral

Stand Epson au Salon de la Photo - Novembre 2017 - Photo : Decoral
Stand Epson France au Salon de la Photo – Novembre 2017 – Photos : Decoral

« On repère tout de suite dans les salons les architectures de stands qui ont été pensées. On perçoit tout de suite leur message. »

S’il avoue aimer tout particulièrement l’euphorie des mises en compétition, Valery aborde chaque nouveau stand et chaque nouveau salon comme une remise en question.
Car pour lui, comme pour tous les membres de l’équipe de DECORAL, un stand n’est pas qu’une surface à bien construire; c’est un message à faire passer.

Autrement dit, de la communication.

 


Articles en relation

Depuis le 23 août au Grand palais, le montage de la Biennale Paris est en cours.
Un véritable ballet logistique planifié sur 16 jours pour installer l’ensemble des structures de cet événement dans la nef du Grand Palais.

Continuité et innovation

Cette année, le Syndicat National des Antiquaires, organisateur de la Biennale Paris, a choisi de réutiliser le concept imaginé par la scénographe Nathalie Crinière en 2016.

Ce concept avait été choisi pour être l’écrin de plusieurs éditions de la Biennale Paris, dans une volonté de stabilité d’implantation et de scénographie mais également dans une logique d’optimisation des coûts.

Nous avons revisité la partie centrale du salon, toujours dotée d’un jeu de miroirs mais cette fois entièrement végétalisée sur 6 mètres de hauteur. L’implantation d’un grand bar au centre de l’espace vient également apporter convivialité et confort aux visiteurs.

Plan de la Biennale Paris 2017 Decoral.png
Le Plan de la Biennale Paris
Ambiance Biennale 2016 Decoral.jpg
La zone centrale de la Biennale Paris édition 2016

16 jours de montage pour 5000 œuvres d’art

A la fin de ces 16 jours de montage, la nef du Grand Palais sera dotée de 6 000 m2 de façades de stands, 8 000 m2 de cloisons, 8 000 m2 de plancher, plus de 6 000 m2 de moquette sans oublier une scénographie de lumières destinée au dîner de Gala, au vernissage et aux ouvertures nocturnes.

40 personnes ont travaillé à la conception des stands. Au total, près de 200 personnes, menuisiers, peintres, tapissiers, éclairagistes ou encore artisans floraux, contribuent à cette réalisation orchestrée par DECORAL. Les équipes de décoration des exposants vont ensuite prendre possession des lieux et installer les décors intérieurs des stands qui accueilleront quelque 5000 œuvres d’art.

Infographie Decoral montage La Biennale Paris.png

Installation générale et prestations particulières

Au delà de l’installation générale, nos équipes sont à l’œuvre pour réaliser l’aménagement intérieur des stands.  D’un simple habillage de cloisons à la scénographie complète d’un stand : nos prestations sur-mesure s’adaptent à tous types de demandes.

En effet, en tant qu’installateur général du salon, nous proposons un large éventail de prestations et de services aux exposants.

Certains d’entre-eux conçoivent la scénographie de leur stand avec des décorateurs ou des scénographes qui choisissent ensuite de travailler avec nous pour la phase de réalisation. D’autres exposants sont très attachés à des prestataires avec qui ils collaborent pour l’ensemble de leurs expositions et leurs salons, et travaillent avec leurs propres entreprises. D’autres, enfin, nous confient l’intégralité de leurs stands et élaborent leurs décors avec nos chargés de projets.

DECORAL étant en charge de la réalisation de la Biennale depuis 2008, nous avons tissé au fil des ans une relation de confiance avec un grand nombre d’exposants qui n’hésitent pas à faire appel à nous pour les accompagner dans la réalisation de leurs stands lors d’autres salons à l’étranger.

Flash back en vidéo sur le montage de la Biennale 2016 :

 

94 stands et une exposition exceptionnelle

Cette année la Biennale Paris réunit 95 exposants sous la nef du Grand Palais – dont 36 internationaux –  répartis sur 94 stands.

Nous avons également la charge de mettre en scène des objets des collections Barbier-Mueller, prêtés pour une exposition exceptionnelle. A ce titre, deux espaces sont réservés à cette présentation aux extrémités du salon.

La scénographie, volontairement sobre et minimaliste, réunira les collections de quatre générations de collectionneurs de la famille Barbier-Mueller.

Art des Samouraïs, numismatique, peinture du XVIIIème siècle et art contemporain : les collections de Gabriel, Stéphane et Thierry Barbier-Mueller dialogueront avec des œuvres issues des collections de leur grand-père, Josef Mueller, leur mère Monique Barbier-Mueller et leur père Jean-Paul Barbier-Mueller, grand collectionneur d’art africain récemment disparu.

Biennale Paris 2017 Exposition Barbier Mueller 1
Masque / République du Congo, Hongwe ou Ngare, XIXe siècle – Bois mi-dur polychrome (noir, blanc, rouge) H.35 cm / Ancienne collection Aristide Courtois (av.1930), Charles Ratton puis The Museum of Modern Art, NY (1939) / Inv 1021-33 / Musée Barbier-Mueller
Biennale Paris 2017 Exposition Barbier Mueller 2
Casque japonais Ōitaragainari kawari kaboto (casque en forme de coquillage) Japon / Début de l’époque Edo, XVIIe siècle / Fer, laçage, papier mâché, 88,90 x 48,26 x 25,40 cm, Poids : 2,720 kg / The Ann & Gabriel Barbier-Mueller Museum : The Samurai Collection. / Crédit photo : Brad Flowers
Biennale Paris 2017 Exposition Barbier Mueller 3
Elisabeth Vigée-Le Brun – Lady Hamilton en Sybille de Cumes / 1791-1792 Huile sur Toile / H.95x78cm (avec le cadre) / Collection Stéphane Barbier-Mueller / Crédit photo : Luis Lourenço
Biennale Paris 2017 Exposition Barbier Mueller 4
Jeff Koons – Woman in tub 1988 / Porcelaine / 60,3 x 91,4 x 68,6 cm / Collection Monique Barbier-Mueller / Crédit photo : Studio Ferrazzini Bouchet

 

Nous vous donnons rendez-vous le 11 septembre pour le rendu final !

 

La Biennale Paris
au Grand Palais, du 11 septembre au 17 septembre 2017
Evénement organisé par le Syndicat National des Antiquaires
Informations pratiques et billetterie : www.biennale-paris.com


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