Une conversation à bâtons rompus pour partager son expérience.
Un éclairage sur son parcours, les évolutions de son métier et la spécificité de ses missions tournées vers l’international.

Bruno-Majorel-Decoral

« J’avais envie de ce métier. C’est un métier excitant. Contrairement aux architectes, nous n’avons pas de responsabilité dans le temps. Nous avons plus de souplesse au niveau créatif et nous travaillons avec les tendances. En même temps, la contrainte majeure est le timing : c’est un fondamental de notre métier. »

Une formation créative et une expérience riche

Bruno a commencé ses études par l’Ecole Estienne puis a été diplômé en « Arts Appliqués Métiers d’Art » à Olivier de Serre, dans la section « Publicité volume » apprenant déjà l’architecture éphémère.

À la présentation des diplômes,  Bruno est repéré par le directeur artistique de Decoral. Il intègre alors l’entreprise dès la fin de son service militaire. Sa première année se déroule au bureau d’études en qualité de designer de stand.

« Le stand c’est en même temps de l’architecture, de la publicité et de la décoration. C’est un mélange d’ingrédients qui fait que cela « prend » ou pas. »

Animé par l’envie de multiplier les expériences, Bruno poursuit son parcours dans différentes sociétés. Il devient responsable de bureau d’études avec beaucoup de dossiers à l’international où il croise souvent Decoral.

Le choix de l’international

Bruno revient chez Decoral en tant que chef de projet, 15 ans après ses débuts. Pendant ces 15 ans, Decoral s’est beaucoup développé à l’international et c’est précisément ce qui a donné à Bruno l’envie d’y revenir.

Dès son arrivée à ce nouveau poste, il a été responsable de clients prestigieux comme Dassault. Si il intervient moins sur la conception désormais, il est en charge de la responsabilité globale des projets.

La réussite des projets à l’international nécessite un solide réseau de fournisseurs locaux et les moyens technologiques d’aujourd’hui rendent possible ce qu’il n’était même pas imaginable il y a quinze ans.

« Nous sommes capables de répondre à n’importe quelle demande dans le monde. Les nouvelles technologies nous aident beaucoup à l’international.
Il y a plus de quinze ans, aux débuts d’internet, nous travaillions différemment. Aujourd’hui, de la page blanche à la finalité, on peut produire rapidement et dans une démarche de développement durable. Economiquement,  cela nous permet de rester compétitif et notre panel de fournisseurs internationaux répond à nos exigences de qualité.
Nous recyclons de plus en plus, en particulier le bois et la moquette. En Asie, nos fournisseurs commencent à le faire et cela est déjà très bien rodé sur les autres continents.
Nous avons instauré une solide relation de confiance avec chacun d’entre-eux. Nous les fidélisons et en retour nous sommes très exigeants. C’est une forme de partenariat. »

Création et technologie

L’événementiel spécifique au secteur aéronautique, civil ou militaire a rapidement intégré la réalité virtuelle à ses présentations. Pour les stands que gère Bruno, soit le client fournit sa propre technologie, soit il a carte blanche pour choisir le meilleur medium de l’animation. Cela implique une veille permanente de ce qui se fait le mieux dans le secteur.

Decoral Dassault Aviation Jet Expo 2017 2

« Dassault développe des systèmes pour voir les structures internes des avions. Nous voyons un usage de plus en plus étendu d’”Occulus”. Par exemple, lors de la dernière édition d’Ebace, il y avait trois démonstrations d’Occulus. Pour ces démonstrations, Dassault fournissait le soft et nous fournissions l’habillage. La plus spectaculaire consistait à se promener à l’intérieur d’un Falcon 6X, en s’approchant à 2 cm des sièges et voir jusqu’au détail des coutures avec une finesse de rendu exceptionnel. »

Chaque projet comme un nouveau défi

Cette année, la majorité des projets de Bruno se sont situés en Suisse, aux USA, aux Emirats et en Asie.

“Mon intérêt pour les projets à l’international, c’est ma soif d’apprendre. J’apprends toujours quelque chose et de plus, cela crée une relation particulière avec nos clients.”

Dans l’éventail de tous les projets réalisés depuis le début de l’année, un cas inhabituel s’est présenté dans le cadre d’une collaboration Dassault / Gifas, pour un stand intégré au Pavillon Français au salon aéronautique ILA (Innovation and Leadership in Aerospace) , à Berlin, un événement où la France était l’invité d’honneur.

La difficulté était de créer une osmose entre le stand Dassault et le Pavillon français, tout en faisant que le stand Dassault se démarque. Il y avait à la base le concept du Gifas, que DECORAL a pris la liberté de retravailler pour mieux intégrer le stand Dassault et avoir une cohérence de signalétique.

« Ce stand Dassault avait un traitement différent de ce que l’on fait habituellement, une démarche nouvelle induite par l’intégration dans un pavillon.”

Du stand d’exposition au show-room : un autre rapport au temps

En dehors des stands d’expositions, Bruno réalise beaucoup de show-rooms pour ses clients.

C’est une démarche différente car il y a une représentativité dans le temps. Les matériaux doivent  être fiables dans la durée, le show room doit avoir une modularité et ne pas être top typé afin de ne pas se démoder trop vite : “il peut durer 10 ans”.

Avec un cahier des charges très précis, le challenge est de réussir à s’en détacher pour faire un beau projet. Si le “look” général fait partie de la décision, le respect du budget est primordial.

« Finalement, toute la finesse de ce métier est de rester créatif malgré le cahier des charges et la charte graphique à respecter. »

« Le créatif a besoin qu’on lui fasse confiance et pouvoir être fier de ce qu’il a fait. Avec les créatifs du bureau d’études, j’ai un rôle de guide, je ne bride pas leur créativité. Dans le même temps, je fais l’interface avec le client. C’est un travail d’équipe dans lequel le chef de projet doit être autant à l’écoute des concepteurs qu’à l’écoute des clients. »

« Les créatifs sont quand même un peu bridés car guidés par rapport aux goûts des clients et aux contraintes budgétaires. Mais je reste surpris par la rapidité avec laquelle les projets sont faits et la souplesse dont les concepteurs savent faire preuve. »

Conseils à un(e) futur(e) chargé(e) de projets

Si Bruno devait donner des conseils à quelqu’un qui souhaite s’orienter dans cette voie professionnelle, le premier serait de comprendre que c’est un grand avantage de passer par toutes les étapes : concept, maquette, dessin, plan… Et cela est spécifique aux petites structures.

Conseil n°2 : bouger !  Il faut faire son apprentissage en multipliant les expériences.

« Dans ce métier, c’est bien de pouvoir toucher un peu à tout. Les clients sont de plus en plus sensibles à cela. »

Conseil n°3 : Toujours se mettre à la place du client.

« C’est un domaine très pointu et spécifique et les clients ont besoin de gens qui connaissent leur métier. Je maîtrise mon sujet et je suis là pour les aider. »

Conseil n°4 : Etre curieux !

« Il faut être très curieux, s’intéresser à toutes les évolutions dans tous les domaines et savoir trouver des solutions pour répondre aux contraintes budgétaires. Il faut une formation de concepteur, être capable de chiffrer son projet et aller le vendre. J’ai été concepteur, et quand je fais un concept je dois savoir à quel prix il doit être vendu. »

En conclusion de cette conversation, une réflexion sur l’intemporalité de l’exposition et un sentiment très personnel :

« A une époque, avec l’arrivée de la vidéo-conférence, certains ont cru que cela allait “tuer” l’exposition. Il n’en est rien car rien ne remplace le contact humain. Il est essentiel. Les foires d’exposition existent depuis le moyen-âge et l’on aura toujours besoin de faire des expositions. La France et l’Allemagne sont aujourd’hui les “deux plus gros pays d’expositions. »

« Quand je quitte une exposition à l’étranger, je suis satisfait que mon client soit content, tandis que cela s’est passé à l’autre bout du monde. Un projet appartient un peu à tout le monde : au créatif, à moi, au client… Tout le monde se l’approprie  et a le sentiment d’un travail bien accompli. C’est un sentiment très fort. Travailler avec l’éphémère a un côté magique. Quand l’exposition se termine et que les lumières s’éteignent, on est envahi d’un grand sentiment de tristesse, d’une nostalgie… »


 

Voir plus de réalisations, sur la page « Aéronautique »

Mettre en œuvre l’inspiration et la créativité nées hors de notre bureau d’étude est une facette de notre métier dont on parle peu et qui pourtant est clé. Il faut faire corps avec l’intention du créateur, et l’adapter aux contraintes de l’éphémère, sans la dénaturer.

Ce « savoir d’adaptation », c’est notre valeur ajoutée. On ne nous choisit pas simplement pour exécuter, on nous choisit pour « exprimer ». C’est la raison pour laquelle les collaborations comptent autant que les projets.

Pour illustrer cet état d’esprit, flash-back sur deux collaborations qui ont marqué le mois de septembre :

 

Jean-Charles de Castelbajac & La Biennale Paris

C’était la première fois que nous travaillions avec Jean-Charles de Castelbajac. Il avait été invité par le Syndicat National des Antiquaires à concevoir la scénographie du cœur de la nef et de l’exposition d’une collection privée : « L’Empereur sous la verrière ».

Il s’est placé en rupture des codes scénographiques habituels de la Biennale Paris car son propos n’était pas décoratif, il était artistique. 

Jean-Charles de Castelbajac s’est imaginé convoqué par Napoléon qui lui aurait dit : « Castelbajac, pourriez-vous créer une installation autour de l’histoire de ma maison, un « flagship » et un nouveau logo pour inscrire les Trésors de l’Empire dans la modernité ? Vous avez carte blanche. »

Nous avons donc réalisé « Le Carrousel Céleste » qu’il a imaginé pour habiller le cœur de la nef, ainsi que le « flag-ship » qui abritait des pièces de la collection de Pierre-Jean Chalençon, consacrée à Napoléon.

Le « Carrousel Céleste » matérialisait « un lieu de force et de mémoire » du premier cercle de l’Empereur, sur des voiles multicolores. Il surplombait un « pop-up store » de miroirs, écrin pour quelques trésors de la collection de Pierre-Jean Chalençon. 

 

Homo Faber, à Venise

« Homo Faber » est la première exposition de grande envergure consacrée à l’artisanat européen. Cet événement est organisé par la Michelangelo Foundation, fondée par Franco Cologni et Johann Rupert, dont la mission est de promouvoir, préserver et perpétuer l’artisanat au plus haut niveau, en le rapprochant du design.

Cette première exposition s’est déroulée à Venise, au 14 au 30 septembre, sur le site de la Fondazione Giorgio Cini située sur l’Île de San Giorgio Maggiore. Elle a proposé une aventure immersive dans l’univers de l’artisanat  à travers des œuvres exceptionnelles, des installations inédites et des créations en « live ».

Sous la direction d’Alberto Cavalli, directeur exécutif de la Michelangelo Foundation, artistes, designers, architectes et conservateurs ont imaginé 16 espaces d’exposition différents.

Notre collaboration a spécifiquement porté sur la signalétique et les aires de repos. Ces éléments d' »arrière-plan » sans lesquels l’événement n’aurait pas la fluidité nécessaire pour le public. Notre nous sommes donc appliqués à faire le lien entre les différents pavillons afin d’accompagner la Michelangelo Foundation dans l’ultime étape de son organisation : l’accueil des visiteurs.

Quelques chiffres témoignent du succès de cet événement :
62 500 visiteurs
410 artisans et designers
900 œuvres
91 démonstrations « live »

 

 

Dans  une agence comme la nôtre, il est donc aussi passionnant de collaborer à un projet que d’en être à la fois l’auteur et le maître d’œuvre. Il n’est pas moins stimulant de porter la réalisation d’un projet dont le volet créatif s’est élaboré hors de nos murs.

C’est presque une responsabilité plus grande vis-à-vis de nos clients. Et c’est assurément d’une grande richesse d’inspiration.

Patrick Bazanan, Directeur Général d Decoral
Patrick Bazanan
Directeur Général

Un tout nouveau salon a ouvert ses portes, dédié aux pierres précieuses et à la joaillerie : GemGenève.

À l’initiative de Ronny Totah et de Thomas Faerber, sa première édition s’est tenue avec succès, du 10 au 13 mai à Palexpo.

DECORAL a été choisi pour réaliser l’installation de cette manifestation.
Coup d’œil en coulisses…

Capture d_écran 2018-05-12 à 11.20.31

 

GemGenève, une réponse aux attente des professionnels du secteur

Destiné à un public connaisseur, acheteurs privés et collectionneurs, GemGenève se définit comme « une exposition commerciale d’un nouveau genre, avec une approche originale susceptible de révéler le véritable esprit du métier, de mettre en valeur son expertise et son excellence ».

Ce salon rassemble une centaine d’exposants, parmi lesquels des négociants en diamants, pierres précieuses ou perles fines, des vendeurs de bijoux anciens et des bijoutiers ou fabricants choisis par les organisateurs pour leur expérience, leurs connaissances et leur attachement à la plus haute qualité.

La mise à l’honneur des traditions ancestrales, s’accompagne de la valorisation du dynamisme, de la créativité, du savoir-faire et de la dimension artistique de la joaillerie du XXIe siècle.

GemGenève se positionne sur un format intermédiaire entre les nombreuses petites expositions qui existent à travers le monde et les grands salons plus génériques à vocation essentiellement commerciale.

GemGeneve2018-Realisation-Decoral-3

 

L’exposant au cœur du projet

GemGenève a été co-fondé par Thomas Faerber, expert mondialement reconnu en pierres et bijoux anciens, et Ronny Totah, expert réputé en saphirs du Cachemire et en perles naturelles.

Ronny Totah raconte ainsi la genèse de ce salon :

« Thomas Faerber et moi-même avons eu la même idée séparément puis nous nous sommes retrouvés sur ce projet. L’idée est venue tout doucement, comme une introspection lancinante, et un jour nous avons réalisé qu’il fallait faire quelque chose.
Nous avons décidé de créer cet événement il y a un an, et nous avons décidé d’en être les organisateurs il y a 9 mois. »

Un point crucial de leur démarche réside dans l’approche même du projet, mettant l’exposant au cœur de toutes les exigences :
« Nous faisons ce salon en tant qu’exposants, comme nous aimerions qu’il soit fait pour nous. Aujourd’hui, dans l’univers de ces salons, il y a d’un côté des organisateurs qui savent bien organiser, de l’autre, des exposants qui savent bien exposer. Et les organisateurs continuent sans savoir ce dont les exposants ont réellement besoin ».

Ronny Totah ajoute : « Pour un exposant, il est important de sentir que vous participez un peu à la direction de l’événement, à tous les niveaux. À partir du moment où vous savez que vous pouvez faire entendre votre voix, c’est important. GemGeneve parle le même langage que ses exposants. »

 

GemGeneve2018-Realisation-Decoral-1

GemGeneve2018-Realisation-Decoral-2

 

 

DECORAL, le choix de l’excellence

DECORAL a été choisi pour l’excellence de ses références dans l’univers du luxe, parmi lesquelles l’incontournable Salon International de la Haute Horlogerie (SIHH).

Pour GemGenève, DECORAL a signé une réalisation élégante où les codes de l’univers du luxe se conjuguent à une modernité assumée, en réponse aux souhaits des organisateurs du salon : « L’idée était de réaliser un salon de qualité, avec une touche d’originalité. Un salon qui ne soit pas seulement fonctionnel, sans pour autant aller vers le m’as-tu vu ».

Aux côtés de Patrick Bazanan, directeur général, Marie Acton, responsable de l’installation générale des manifestations chez DECORAL, a dirigé l’ensemble du projet qui a nécessité quatre mois de préparation et une équipe de 120 personnes sur le montage.

GemGeneve2018-Realisation-Decoral-4

 


Les illustrations de cet article sont issues du compte Instagram de GemGenève
Photo de l’équipe Decoral : Patrick Bazanan

GemGenève
Du 10 au 13 mai 2018
Palexpo, Genève
www.gemgeneve.com

Prochaine édition
Du 9 au 12 mai 2019